ENTREE LITTERAIRE 2017

Vous trouverez les chroniques de nos 35 premières découvertes. N'hésitez pas à  utiliser l'ascenseur pour découvrir de vraies pépites...

"Il est dur de rester optimiste face aux nationalistes haineux, mais j'espère que les mouvements féministes ou les jeunes seront victorieux."

Joyce Carol Oates


Nos richesses

Kaouther Adimi au Seuil

L'histoire commence en 1935. Edmond Charlot a vingt ans quand il revient à Alger pour y créer une librairie. Le local est minuscule, mais son nom est à la mesure de l'importance d'une librairie dans une ville : elle s'appellera Les vraies richesses. Edmond Charlot ne se contentera pas de vendre des livres, il en éditera aussi. Sans distinction de langue ou de religion, il choisit de jeunes écrivains de la Méditerranée. Albert Camus sera le premier d'entre eux.

En 2017, Ryad a le même âge que Charlot à ses débuts. Mais lui n'éprouve qu'indifférence pour la littérature. Il est de passage à Alger avec pour mission de vider une vieille librairie poussiéreuse. Les livres de Les vraies richesses disparaîtront pour faire la place à des beignets. Signe des temps où la vulgarité a fait table rase de l'intelligence et du savoir.

Et entre ces deux époques, l'Histoire avec un grand H. La révolte gronde dans cette Algérie colonisée !

Ce texte est juste sublime !

Lu par Pierre


Une fille dans la jungle

Delphine Coulin chez Grasset

La jungle de Calais, quotidien de six adolescents qui ont préféré rester là plutôt que d'embarquer dans un bus vers un quelconque centre pour les migrants, et risquer ainsi le retour au pays.

La jungle de Calais, quotidien de six mineurs venus d'Ethiopie, d'Afghanistan et d'ailleurs, qui ont fui un pays en guerre, une vie insupportable, en prenant un chemin bien plus rude que prévu.

La jungle de Calais, quotidien ingrat pour ces jeunes filles et garçons qui continuent, envers et contre tout, à rêver d'Angleterre, d'avenir. De miracles.

Car pour sortir de là, il ne faut pas se faire repérer par la police, payer des sommes astronomiques à des prétendus passeurs, tenter de grimper incognito dans des camions, se battre contre d'autres migrants paumés. Crever de faim, de froid, d'abandon, de désespoir.

Pour supporter tout ça, leur remède, c'est la solidarité. Hawa, Milad, Ali, Elira, Jawad, Ibrahim.

"Elle imaginait les passagers des ferries, des vacanciers qui avaient tous les droits, y compris celui de voyager librement d'un endroit à l'autre du globe, juste parce qu'ils étaient nés dans un pays qui s'était enrichi au fil des siècles".

Etre né quelque part ...

Magnifique, bouleversant.

Lu par Anne


Les peaux-rouges

Emmanuel Brault chez Grasset

Ce roman est une fable. Elle parle de gens bizarres, étonnants, terribles : une mémé décrépite, une psychologue ahurie, un alcoolique magnifique, une belle rousse et un raciste. Une bête à part, celui-là, bête à bon diable plus qu'à bon Dieu. Qui vole plus bas que terre. Qui  rampe. Qu'on prendrait presque en pitié.

Il y a à boire et à manger dans ce roman. Si on se prend d'affection pour Amédée Gourd, on peut penser que la chance joue et qu'il n'en a pas eu. On peut aussi penser que c'est une question de mots car Amédée pense comme il parle : mal ! On peut aussi penser que tout est bien qui finit bien : le raciste finit mal et ce n'est que justice. Mais on peut aussi penser qu'Amédée Gourd est vraiment horrible et que la société dans laquelle il vit est aussi vraiment horrible !

Voilà peut-être le roman le plus dérangeant de cette rentrée. A vous de juger !

Lu par Pierre


La ferme (vue de nuit)

Anne-Frédérique Rochat chez Luce Wilquin

Cette une maison particulière, juchée sur une colline, faite de grandes baies vitrées et à laquelle on accède par un escalier raide et éprouvant. C'est cette maison qu'on appelle "La ferme". Annie y a vécu cinq ans, en compagnie d'Etienne, un homme égoïste et volontiers blessant. Elle l'a quitté et est restée quinze ans sans le voir. Aujourd'hui, à sa demande, elle revient, la tête remplie de questions : a-t-il changé ? A-t-elle changé ? La reconnaîtra-t-il ?

Un tout beau roman pour parler de l'attirance, des blessures intimes, de l'amour, de la solitude et de la paternité...

Lu par Solange


Le courage qu'il faut aux rivières

Emmanuelle Favier chez Albin Michel

La vie au village est rude et sans surprise pour Manusche, vierge jurée des Balkans. Même si son renoncement à sa vie de femme lui permet de jouir d'un statut particulier, l'arrivée d'Adrian, visiteur intriguant et inattendu, va chambouler ses pensées et ses certitudes. Confrontée à la féminité à laquelle elle avait renoncé, Manusche devra apprivoiser une part d'elle-même dont elle ne soupçonnait pas l'existence.

Véritable remise en question du genre et de ses stéréotypes, ce livre nous surprend à chaque page et nous emporte dans un passé à la fois mystique et réel de femmes devenues hommes.

Lu par Julie et Pierre


La gloire des maudits

Nicolas d'Estienne d'Orves chez Albin Michel

Les fidélités successives, le roman qui nous a permis de rencontrer Nicolas d'Estienne d'Orves, entraînait ses lecteurs dans le Paris trouble de l'occupation allemande au début des années 40. La gloire des maudits n'en est pas la suite. S'il se situe dans l'immédiate après-guerre, les années cinquante, le roman ne reprend pas les mêmes personnages, ni une intrigue qui trouverait sa source dans le premier opus. En revanche, on retrouve, avec joie, la même verve, le même sens du récit et le même rythme qui m'ont rappelé l'Alexandre Dumas de mon enfance.

Gabriële, fille d'un collaborateur exécuté à la libération, doit écrire la biographie de Sidonie Porel, une romancière. Mais qui est vraiment Sidonie Porel ? La romancière la plus célèbre de son époque ou une gigantesque imposture littéraire ? En plongeant dans le passé de cette femme, Gabriële découvre un univers dans lequel grouillent les menteurs, les traîtres qui tous, écrivains, prostituées, journalistes, grands  patrons, politiciens, cachent un secret qui tue !

Un roman absolument passionnant dans lequel vous pourrez découvrir, cachés sous d'autres noms, quelques grandes figures du Paris intellectuel  et artistique des années cinquante.

Lu par Pierre


L'invention des corps

Pierre Ducrozet chez Actes Sud

La nuit du 26 septembre 2014, 43 étudiants disparurent, enlevés et assassinés par la police mexicaine. Seul rescapé du massacre, Alvaro, un jeune professeur surdoué de l'informatique, est en cavale et tente de rejoindre la frontière américaine. Il y arrivera, mais ce sera pour se jeter dans les griffes d'un magnat du net, apprenti-sorcier de la Silicon Valley, apôtre du transhumanisme.

Ce roman que nous avons trouvé extraordinaire tant il cristallise les enjeux de la "modernité", est un thriller qui ne dit pas son nom, un roman philosophique qui ne dit pas son nom et surtout un fabuleux roman d'alerte...

"Tout ce pourquoi j'ai lutté, cette communauté libre où la pensée se construirait collectivement, où tout serait accessible mais où l'intime demeurerait hors d'atteinte, tout cela est mort. Ce qui a gagné, c'est le bleu pâle de Facebook : un déroulé débectant de dégueulis personnel, de plaintes, de chats faisant du skate, d'opinions imbéciles sur tout et n'importe quoi".

Lu par Pierre


Bakhita

Véronique Olmi chez Albin Michel

Elle a été enlevée à 7 ans dans son village au Darfour.

Elle a eu tellement peur qu'elle en a oublié son nom.

Achetée et revendue comme esclave plusieurs fois, elle a été tour à tour captive, domestique, nourrice et enfin religieuse.

Comment survivre à autant d'offenses et de souffrance? Comment est-elle parvenue à rester elle-même, bonne et douce?

Bakhita est le roman d'une force intérieure, de la conviction que la vie est un cadeau et qu'il faut la protéger.

A lire absolument. AB-SO-LU-MENT!

Coup de coeur de Béatrice


Le presbytère

Ariane Monnier chez Lattès

Au début des année 70 (c'est important), Balthazar Béranger s'installe avec son épouse Sonia dans une vieille maison en retrait de la route. C'est l'ancien presbytère du village. Balthazar est un jeune médecin qui entend faire des enfants qu'il aura avec Sonia des êtres véritables (il en aura quatre, des enfants : deux garçons et deux filles). Maintenus à l'écart d'un monde que Balthazar juge néfaste pour leur développement et leur éducation (donc pas d'école), ces derniers sont initiés à la musique et à la morale par une mère totalement séduite par son mari.

Peut-être ressentirez-vous un sentiment de malaise poindre en vous au fur et à mesure de votre lecture: c'est l'art d'Ariane Monnier d'entrouvir les portes de cette maison modèle pour vous laisser entendre, en sourdine, de terribles chuchotements.

Lu par Béatrice et Pierre


De l'influence de David Bowie sur la destinée des jeunes filles

Jean-Michel Guenassia, Albin Michel

Paul, 17 ans, est un jeune garçon à l'apparence androgyne. Il vit avec sa mère, tatoueuse lesbienne hétérophobe au caractère tempétueux, et la compagne de celle-ci, Stella. Il ignore qui est son père et cela ne lui pose aucun problème. Suite à son renvoi du lycée (dont sa mère est assez fière), sa vie change: il travaille le jour et le soir et fréquente assidument une boite de nuit homosexuelle.

Cette nouvelle vie lui permet de rencontrer des personnes qui vont provoquer un enchainement de remises en questions, conflits et révélations. Une année pas comme les autres pour ce jeune hétérosexuel (au grand dam de sa mère) à la destinée "hors-norme" (où est la norme?) ... tout ça à cause de David Bowie!

Un roman tendre et drôle, bien ancré dans notre époque, qui nous emmène dans la vie débridée de personnages très attachants, sur fond musical omniprésent.

Lu par Anne


La petite danseuse de quatorze ans

Camille Laurens, Stock

Elle s'appelle Marie Geneviève Van Goethem. Elle est célèbre dans le monde entier et pourtant, personne ne la connaît. Personne ne sait qu'elle est belge d'origine. Personne ne sait ce qu'elle a pu souffrir à l'opéra Garnier pour deux francs par jour. Personne ne connaît cette gamine, pauvre parmi les pauvres, à peine pubère et déjà mise "en vente" par sa mère. Elle est célèbre dans le monde entier car c'est elle, La petite danseuse du peintre et sculpteur Edgar Degas.

Dans La petite danseuse de quatorze ans, Camille Laurens rend hommage à cette enfant, émigrée belge à Paris, non pas pour vivre mieux mais pour que la vie soit peut-être moins pénible. Un peu roman, un peu récit, un peu étude, un peu enquête, ce texte nous a séduits tant il nous conduit à dépasser une oeuvre, à la confronter à la réalité d'une époque et à la transcender par le regard qu'elle nous oblige à porter sur notre monde à nous.

Lu par Pierre


La beauté des jours

Claudie Gallay, Actes Sud

Jeanne mène une vie rythmée par la douceur de l'habitude. Elle a tout pour être heureuse, entourée de son mari aimant et de leurs jumelles. Ensemble, ils ont des projets raisonnables. Mais Jeanne aime aussi le hasard et les surprises de l'inattendu depuis qu'elle a découvert l'artiste Marina Abramovic qui, par ses performances audacieuses, se met en danger pour vivre autrement et raconter aux autres leur vie "possible".

Cet été-là, Jeanne se révèle plus songeuse et fantasque, prête à laisser les courants d'air bousculer la quiétude des jours.

Claudie Gallay nous offre un roman tendre sur la force libératrice de l'art et l'importance de nos choix.

Osons, osons... Non, le Ciel ne nous tombera pas sur la tête!

Lu par Béatrice et Julie


Mon autopsie

Jean-Louis Fournier chez Stock

T'as des nouvelles de Fournier ? On entend moins parler de lui ? Peut-être qu'il est mort ? On le saurait! Pas sûr...

Bien sûr qu'il n'est pas mort. Disons qu'il joue à faire le mort sur une table d'autopsie. Apparemment, il ne s'y ennuie pas en compagnie de l'Egoïne, la jolie doctoresse qui va le disséquer. Il est vrai qu'il a fait don de ses organes. Non, il n'a pas peur puisqu'il est mort et qu'il ne sent rien. En premier lieu, il semble qu'Egoïne va lui retirer le coeur. Va-t-elle y trouver le petit Jésus qui y est entré il y a 70 ans, lorsqu'il a fait sa première communion. Ca étonnerait qu'il y soit encore, car Jésus a eu le tournis quand il a appris que notre héros avait le diable au corps...

Voilà en quelques mots toute l'atmosphère du récit qui nous a bien fait rire car, sur la table d'autopsie, le silencieux fait beaucoup de bruit en se remémorant sa vie, ses amitiés, ses amours, ses faiblesses, ses regrets.

Attention : une égoïne est une scie à main en acier, garnie de dents triangulaires affûtées et munie d'une poignée en bois ou en plastique.

Lu par Solange et Pierre


Zabor ou les psaumes

Kamel Daoud chez Actes Sud

Orphelin de mère, mis à l'écart par son père, Zabor a grandi en compagnie des livres qui lui ont offert une nouvelle langue. Depuis toujours, il est convaincu d'avoir un don : "S'il écrit, il repousse la mort ; celui qu'il enferme dans ses cahiers gagne du temps de vie". Telle une Shéhérazade sauvant ses semblables, il expérimente, nuit après nuit, la folle puissance de l'imaginaire.

"En quoi la littérature est-elle salvatrice?", se demande Kamel Daoud, dont la voix résonne quelquefois comme un cri.

Un bel hommage à la littérature et à la langue française !

Kamel Daoud avait reçu le prix Goncourt du premier roman pour Meursault, contre-enquête en 2014.

Lu par Solange


Le ciel ne parle pas

Morgan Sportès chez Fayard

En 1633, une mauvaise nouvelle parvient à Rome: le supérieur des Jésuites au Japon, Cristovao Ferreira, a abjuré sa religion sous la torture. Pour sauver Ferreira, de jeunes prêtres fanatiques partent mourir en martyrs. Beaucoup de Japonais s'étaient convertis au christianisme, mais ont-ils réellement cru en un Dieu aussi étranger à leur culture? Aux yeux du shogun, ces missionnaires, au départ tolérés, devinrent vite suspects, car représentatifs du colonialisme espagnol. Commencent alors d'impitoyables persécutions. Pour tous, l'Inquisition nipponne veille... Et malgré toutes ces souffrances, le Ciel ne parle pas.

Ce roman, très documenté, fait écho, bien qu'il soit ancré au XVIIème siècle, à l'actualité: confusion entre Dieu et argent, fermeture des frontières, et preuve, une fois encore, de ce que l'homme est capable de faire au nom de la religion.

Passionnant!

Lu par Béatrice


Gabriële

Anne et Claire Berest chez Stock

En 1908, Gabriële Buffet, une jeune femme de 27 ans, indépendante, musicienne, féministe avant l'heure, rencontre Francis Picabia, jeune peintre à succès à la réputation sulfureuse. Elle n'en devient pas la muse, mais bien à la fois la femme et la théoricienne. Picabia réflféchit avec elle, se ressource grâce à elle. Dans ce texte, cette femme "érotique" qui met notamment à genoux Marcel Duchamp et Guillaume Apollinaire, nous guide parmi les précurseurs de l'art abstrait, des futuristes, des dadas... Ce livre, entre Paris, Barcelone, New-York, Berlin et Zurich, nous transporte au début d'un XXème siècle qui réinvente les codes de la beauté.

Et si Anne et Claire Berest se sont lancées dans cette entreprise de raconter la vie de cette femme, c'est qu'elles ont découvert, sur le tard, que Gabriële Buffet était leur arrière-grand-mère.

Et, pour le coup, nous vous promettons un livre que vous ne lacherez qu'à regret !

Lu par Pierre


Mistral perdu ou les événements

Isabelle Monnin chez Lattès

C'est une histoire intime, celle de deux soeurs dans une France des années 80. C'est l'histoire du "je" et du "nous". C'est l'histoire des valeurs parmi lesquelles être intelligent, penser, réfléchir ne sont plus de mise. C'est une histoire politique, soucieuse de cette liberté de s'exprimer, de nous déplacer, d'être, que nous laissons piétiner. C'est une histoire de pertes, de douleurs, de vie. C'est une histoire de fulgurances: "contempler le visage d'un enfant, c'est regarder tous les paysages". Mistral perdu ou les événements n'est pas un roman, mais un récit magnifique, sublime !

Lu par Pierre


Faux départ

Marion Messina, Le dilettante

Ils fument, ils boivent, il dansent, ils couchent... D'abord Aurélie, grenobloise de petite souche qui meurt d'ennui dans une faculté, souffre-douleur d'un corps en grand malaise. Alejandro aussi, un Colombien expatrié. Et encore Benjamin, et Franck... Ils sont jeunes, ils mangent tristes. L'amour frissonne leur corps sans jamais les atteindre. Leur vie est lente au démarrage, grinçante.

Désenchantement, frustration, besoin d'aide, besoin de reconnaissance... Quelle est donc cette société qui abandonne ainsi ses enfants ?

Un roman très touchant et à partager.

Lu par Solange


Les liens du sang

Errol Henrot, Le dilettante

"Tu commences demain". Ce sont les paroles d'un soir d'un père à son fils. Le "tu commences demain" veut dire six mois de stage puis l'abattoir pour toujours, pour avenir, jusqu'à la retraite. Jamais le père n'avait cherché à connaître les sentiments de son fils, ses intérêts... Il serait, comme son père, à l'abatttage. Il serait tueur !

"Voilà la chair animale passant du pré au croc, de la mangeoire au mandrin, via l'abattage et ses stations : tranfert meurtrissant, corral de la mort, percussion frontale, saignée, décarcassage, mise en barquettes. Une noria sanglante, hurlante, dont François, héros des Liens du sang endure, nauséeux et suffocant, le remugle épais, les cadences malades et surtout l'atroce mécanique gestuelle.

Mais la terre peut-elle absorber une goutte de sang de plus ?"

Avec Les liens du sang, Errol Henrot signe un premier roman à la fois social, écologique donc éminnement politique. Nous vous en recommandons la lecture même si la première de couverture vous paraît "un peu rude" (une oeuvre de Pieter Aertsen, un peintre du 16ème siècle et intitulée L'Etal de boucherie.)

Lu par Solange


La nuit des béguines

Aline Kiner chez Liana Levi

Passionnant, captivant, émouvant, intense... La nuit des béguines se déroule dans un Paris moyenageux quand le royaume de Philippe le Bel amorce son déclin et que les persécutions contre les Templiers se multiplient. C'est aussi l'époque où des femmes courageuses, indépendantes et fortes, choisissent de vivre dans un lieu clos, le béguinage situé au coeur du quartier du Marais. C'est dans ce béguinage qu'Ysabel accueille une enfant malade, aux cheveux roux comme l'oeuvre du diable et poursuivie par un moine franciscain.

Nous vous laissons à l'intrigue, mais vous ne devriez pas être déçu(e)s !

Lu par Solange et Pierre


Toutes les familles heureuses

Hervé Le Tellier chez Lattès

Dans ce récit à la fois cynique et drôle, Hervé Le Tellier nous parle de son enfance et de sa jeunesse au sein d'une famille bien curieuse. Un géniteur qui n'apparaît que tous les vingt ans, un père qui n'est pas son père, une mère folle à côté de laquelle il est impossible de se construire, une demi-soeur inconnue, une tante riche puis qui ne l'est plus, des aieux qui ont à voir avec Guillaume le Conquérant, une amoureuse bi-polaire... Tout cela aurait pu faire d'un enfant un sérial-killer mais, heureusement, cela nous permet de connaître un Hervé Le Tellier devenu écrivain.

Nous avons plus qu'aimé ce texte qui se termine par ces mots : "Je ne sais pas ce (le livre) qu'il peut bien raconter pour d'autres que moi. Mais en mettant des mots autour de mon histoire, j'ai compris qu'un enfant n'a parfois que le choix de la fuite, et qu'au péril de sa fragilité, il devra à son évasion d'aimer plus fort encore la vie".

Lu par Pierre


Un certain M. Piekielny

François-Henri Désérable chez Galllimard

"Quand tu rencontreras de grands personnages, des hommes importants, promets-moi de leur dire : au n°16 de la rue Grande Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny". Quand il promit de parler de son voisin qui ressemblait à une souris triste, Roman Kacew était enfant. Adulte, résistant, diplomate et écrivain sous le nom de Romain Gary, il s'en est acquitté.

Plus tard, François-Henri Désérable, après avoir lu La promesse de l'aube, se retrouve, par hasard, devant le n°16 de la rue Grande Pohulanka, à Wilno. Cela lui donne envie de remonter l'histoire de cet homme, de remonter son passé et de lui rendre hommage.

Ni historique, ni biographique, ce magnifique texte marque le triomphe de la littérature et rend, en creux, un hommage à Romain Gary, le seul écrivain à avoir obtenu deux fois le prix Goncourt.

Lu par Anne et Solange


La tour abolie

Gérard Mordillat chez Albin Michel

"Quand les pauvres n'auront plus rien à manger, ils mangeront les riches !" La tour Magister dresse ses 38 étages au coeur du quartier de la Défense. Au somment, l'état major, gouverné par la logique du profit. Dans les sous-sols, une population de misérables rendus fous par l'exclusion. Deux mondes qui s'ignorent, jusqu'au jour où les damnés décident de transgresser l'ordre social en gravissant les marches du paradis.

Un roman plein de verve sur la société capitaliste et la révolte de ceux qu'elle exclut. N'hésitez pas à compléter votre lecture avec Essai sur les hommes de la terreur que nous avons chroniqué dans la rubrique "Essais".

Lu par Solange et Pierre


Une mer d'huile

Pascal Morin au Rouergue

Depuis 45 ans, Danielle accueille dans sa maison de vacances sur la Côte d'Azur, son fils et son petit-fils. Tous trois sont des scientifiques peu enclins aux émotions. Alors, redoutant la répétition à l'identique des repas, promenades et soirées, Danielle engage une jeune femme comme employée de maison. Ce sera Prisca.

Prisca n'est ni laide ni jolie. Elle est souriante mais distante. Très vite, elle est une énigme qui déstabilise le trio familial. Mais n'est-ce pas ce que Danielle souhaitait ?

Un très beau roman dans les paysages magnifiques de la côte Varoise !

Lu par Solange

 

La disparition de Josef Mengele

Olivier Guez chez Grasset

Josef Mengele, également surnommé « l’ange de la mort », est ce médecin qui se servit des déportés d’Auschwitz pour mener sur eux des « expérimentations ».

Ce récit raconte comment, après la guerre, caché derrière divers pseudonymes et grâce à la bienveillance des dictateurs d’Amérique du Sud comme Perón et Stroessner, Josef Mengele a pu passer entre les mailles des filets tendus -par le Mossad israélien notamment. Comment il est mort libre sans jamais avoir eu à répondre de ses crimes devant la justice des hommes.

Olivier Guez nous propose un récit où anciens nazis, femmes cupides et dictateurs d’opérettes évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l’argent et l’ambition. Dantesque !

Le travail d'Olivier Guez évoque les « zoos d’enfants » de Mengele. Un autre livre évoque ces enfants et ce que Mengele leur a fait subir: Mischling de Affinity K.

Lu par Pierre


Sucre noir

Miguel Bonnefoy chez Rivages

Henry Morgan est né le 24 janvier 1635 au Pays de Galles et est mort le 23 août 1688 en Jamaïque. Il était un flibustier violent et sans scrupules. Sucre noir commence par le naufrage de la frégate qu'il commandait, un trois-mâts de dix-huit canons dont la poupe s'était enfoncée dans un manguier de la mangrove.

Trois-cents ans plus tard, des explorateurs tentent encore de retrouver le trésor disparu d'Henry Morgan. Légende ou pas, ces chercheurs vont croiser le chemin de Serena Otero, héritière d'une plantation de cannes à sucre. Rêvant d'autres horizons, elle n'a que faire de ces hommes, jusqu'au jour où l'ambitieux Severo Bracamonte met le pied sur ses terres.

Envoûtant, Sucre noir se lit comme un conte sensuel et poétique. L'auteur du Voyage d'Octavio est décidemment un narrateur hors pair!

Gros coup de coeur !

Lu par Anne, Béatrice, Marie, Pierre et Solange


Summer

Monica Sabolo, éd. Lattès

L'été, des adolescentes dans la fleur de l'âge. Elles jouent à cache-cache près du lac Léman. On ne retrouvera jamais Summer, la grande soeur de Benjamin.

25 ans plus tard, Benjamin est submergé par les souvenirs. Que s'est-il passé, cet été-là, et depuis lors? Que cachait sa famille si belle, si forte, si parfaite en apparence? Parce que les eaux du lac risquent de le noyer, Benjamin a décidé, enfin, de fouiller sa mémoire et de parler du mystère Summer.

Un roman puissant et envoûtant!

Lu par Anne et Béatrice


Ma reine

Jean-Baptiste Andrea, L'Iconoclaste

"Shell" n'est pas une lumière. A douze ans, il a arrêté l'école et aide ses parents à la station service aux abords d'un petit village de Provence. Un jour, parce qu'il fait une nouvelle bêtise, ses parents envisagent de le placer dans un institut spécialisé. Horrifié par cette perspective, et pour prouver qu'il est un homme, il décide de fuir, de partir à la guerre.

Mais la guerre, il ignore où elle est, et sa fuite s'arrête dans les collines. C'est là qu'il rencontre Viviane, qui lui demande de l'appeler "ma reine". Par fascination, par jeu, il accepte.

Le premier roman de l'auteur est une ode à l'imaginaire, à la différence, aux sensations. C'est beau, pur, sincère. A découvrir!

Lu par Anne et Béatrice


Le déjeuner des barricades

Pauline Dreyfus chez Grasset

Nous sommes en mai 1968. L'hôtel Meurice est occupé par son personnel qui décide le remplacement du patron par un collectif d'autogestion. Sauf que... eh oui, sauf que... A cette époque, tous "les cocktails ne sont pas Molotov". En effet, doit être remis à son lauréat, le plus fameux prix littéraire du printemps, le  prix Nimier, prix entièrement financé par la milliardaire Florence Gould qui loue au Meurice une chambre à l'année. Cette remise des prix résistera-t-elle aux événements, le collectif du personnel doit en décider... Dans Le déjeuner des barricades, vous vous faufilerez entre Paul Morand et Antoine Blondin, Salvator Dali et J. Paul Getty et vous croiserez vos pas avec ceux du lauréat du prix Nimier, un  certain Patrick Modiano, lequel a déjà bien du mal à poser les siens dans ce monde de vanités et de vaniteux.

Pauline Dreyfus vous propose une excellente comédie dont nous espérons que vous ferez vôtre l'ombre de ce notaire provincial qui promène par hasard sa mélancolie entre ces verres de champagne.

Lu par Pierre


Les Bourgeois

Alice Ferney chez Actes Sud

Qu'on ne s'y trompe pas. Le mot Bourgeois est ici un patronyme. Il prend sa majuscule dès le titre. Les Bourgeois sont dix : huit frères et deux soeurs, tous nés à Paris entre 1920 et 1940. Ils grandissent entre les deux guerres aux places les meilleures, mode de vie d'une société à laquelle leur nom a emprunté les manières. Dans l'armée, la marine, la médecine, les affaires, au barreau, ils sont acteurs des événements historiques et sociaux qui embrasent toute la deuxième moitié du siècle dernier.

Alice Ferney, au meilleur de son écriture, offre un roman ample et captivant "qui passe tout un siècle français au tamis du roman familial".

Lu par Béatrice et Solange


Mécaniques du chaos

Daniel Rondeau chez Grasset

Ils s'appellent Grimaud, Habiba, Bruno, Rifat, Rim, Jeannette, Levent, Emma, Sami, Moussa et Harry. Ce sont nos contemporains. Ils sont otages du chaos général, comme nous. Ils sont dans un pays à bout de souffle, pressé de liquider à la fois le sacré et l'amour. Chacun erre dans son pays, dans sa propre existence. Ils racontent un monde où l'argent sale et le terrorisme mènent la danse.

Mécaniqiues du chaos est un roman polyphonique qui nous emporte des capitales orientales compliquées aux friches urbaines de la France, des confins du désert lybien au coeur du pouvoir parisien.

Nous avons beaucoup aimé ce roman qui se lit vraiment comme un thriller !!!

Lu par Pierre


Sciences de la vie

Joy Sorman au Seuil

La famille Moise pourrait paraître saugrenue. Figurez-vous que depuis le Moyen Age, les filles aînées de chaque génération sont frappées d'une maladie qui laisse perplexes tous les médecins, rebouteux ou autres charlatans. Et si, au moins, elles étaient frappées du même mal ! Mais non, le premier cas recensé fait état d'une espèce de danse de Saint Guy qui réduit la malade en loque tant elle s'épuisait à gesticuler dans les rues de la ville. Ninon est la dernière de la lignée. Sa mère paye un tribut plus léger à la malédiction : elle est achromate. Ninon attend le mal qui lui sera attribué et ce sera une allodynie tactile dynamique, trois mots pour désigner un mal qui lui brûle la peau des bras sans laisser ni traces, ni explications.

Un roman séduisant où le lecteur est suspendu au destin d'une jeune fille qui refuse le déterminisme génétique de sa maladie tout autant que les histoires de sorcières qui ont bercé son enfance et expliqué les tares de ses aïeules.

Lu par Pierre et Marie


Le jour d'avant

Sorj Chalandon chez Grasset

"Je m'appelle Michel Flavent. J'ai vécu aux abords de Lens, là où les mines modifient le paysage, là où les mines obligent à laver cinq fois les salades avant que l'eau soit claire, là où même les pigeons des mineurs sont couverts de suie, là où mon frère est mort, victime autant d'un coup de grisou que de la cupidité des propriétaires de la mine de Liévin. Je m'appelle Michel Flavent et j'ai promis que je vengerai la mort de mon frère, même des années plus tard, même s'il ne reste plus qu'un pauvre contremaître. Je m'appelle Michel Flavent, je me vengerai même sur un presqu'innocent pour qu'on en parle, qu'on n'oublie pas qu'ils ont été plus de quarante à mourir ce jour-là !

Je suis Sorj Chalandon. J'ai écrit ce livre parce que j'ai eu la rage au ventre à l'annonce de cette catastrophe de Liévain qui a laissé quanrante-deux braves dans le trou."

Le nouveau roman de Sorj Chalandon est comme les précédents: excellent!

Lu par Marie, Pierre, Solange et Julie


Kong

Michel Lebris chez Grasset

Deux jeunes gens sortent sonnés de la Grande Guerre. L'un, Ernest Schoedsack, a filmé l'horreur dans la boue des tranchées; l'autre, Merian Cooper, héros de l'aviation US, sort tout juste d'un camp de prisonniers. S'ils se rencontrent à Vienne, c'est pour aussitôt repartir soutenir les troupes polonaises attaquées par les Soviétiques. Le premier se mettra au service de la Croix Rouge tandis que le second créera une escadrille d'aviateurs. Mais c'est à Londres que naît le projet qui les liera pour la vie : comment dire la guerre ?

"Pas de fiction, se jurent-ils : le réalisme le plus exigeant, à la rencontre des peuples confrontés à une nature hostile, contraints pour survivre de mobiliser en eux cette capacité de dépassement de soi".

Les films qu'ils ramèneront sont à couper le souffle. On les acclame ! Eux font la moue : manque toujours ce qu'ils voulaient restituer du mystère du monde. Une longue évolution leur permet de réaliser que le réalisme est un leurre, que seule la fiction a la capacité de manifester cette force obscure du coeur du monde.

Et ce sera pour oser le film le plus fou, le plus improbable de l'époque. L'histoire de Kong, un être de neuf mètres de haut, que l'on craint, qui épouvante et que l'on pleure quand il meurt... Ce sera leur coup de génie !

Lu par Solange


Je me promets d'éclatantes revanches

Valentine Goby, L'Iconoclaste

Peu connaissent Charlotte Delbo. Valentine découvre l'existence de cette rescapée des camps de la mort lors de l'écriture de son roman Kinderzimmer. Elle rend ici un hommage éblouissant et bouleversant à cette femme résistante, amoureuse, déportée, poète. Elle évoque la puissance avec laquelle Charlotte Delbo a pu forger une langue "capable de nous ramener d'entre les morts".

Nous plébisciterons ce récit qui est aussi un fil tendu entre ces deux auteures engagées que sont Valentine Goby et Charlotte Delbo. Nous avions reçu Valentine Goby, il y a quelques mois à peine, pour son magnifique roman Un paquebot dans les arbres. Nous tenterons de renouveler l'invitation tant ce livre et sa thématique devraient intéresser un grand nombre d'amoureux de la littérature.

Lu par Pierre


La rentrée en 2016

560 romans sont dans les starting-blocks de cette rentrée littéraire. Nous vous présentons sur ces pages ceux que nous avons déjà lus et qui nous avons aimés. Vous y retrouverez des auteurs que nous vous avons déjà présentés et dont nous suivons la  carrière avec enthousiasme comme Laurence Tardieu et d'autres, nouvelles pépites, que nous chroniquons pour la première fois comme Valentine Goby, Adélaïde de Clermont-Tonnerre ou Luc Lang. Leurs romans seront parmi les plus conseillés de notre librairie.


A quoi sert-il d'avoir si être nous manque ?

Monsieur Origami

Jean-Marc Ceci, Gallimard

Nous ne vous résumons pas le livre. Sachez seulement qu'il s'agit d'un texte dépouillé, léger et profond et qu'il a l'intensité d'un conte. Alors si vous êtes attaché à la beauté d'un texte, à sa poésie, lancez-vous !

Lu par Pierre.


Nous savons tous ce que  nous faisions ce 1er mai à 14 h 17 !

A tombeau ouvert

Bernard Chambaz, Stock

Qui ne se souvient pas de l’accident qui coûta la vie à Ayrton Senna, le 1er mai 1994, sur le circuit italien d’Imola ? Aficionado de la course automobile ou pas, sa mort reste dans la mémoire de chacun. Mais que sait-on de l’homme, du pilote ? C’est le parcours de ce champion, mais aussi celui de Juan-Manuel Fangio, Jules Bianchi, ou encore Andrea de Cesaris, que nous propose Bernard Chambaz dans ce roman.

Initié au pilotage dès 4 ans, à bord d’un kart confectionné par son père, sous le regard admiratif de ce dernier et celui, craintif, de sa mère, Ayrton montre déjà des dispositions. A dix ans, celui qui a pour Idole Jim Clark, reçoit un nouvel engin sur lequel il va perfectionner sa conduite : maîtrise de la force centrifuge, calcul au plus près de la courbe des virages, exploration des mécanismes du moteur. Rien n’échappe à l’enfant, perfectionniste, passionné et véritablement doué. Premières compétitions à l’adolescence. Et premiers succès. Dès lors, ses études achevées, plus rien ne l’arrêtera, pas même le souhait de son père qu’il prenne sa succession dans les affaires. « Tout se passe comme un de ces romans de formation où le jeune héros fait ses premières armes, franchit des obstacles et en tire des leçons. Et dans cette aventure, il va particulièrement vite. » Il remporte la plupart des courses qu’il dispute dans sa catégorie, animé d’une rage de vaincre hors-normes : « Il brigue le record du tour. Il a un besoin vital d’être devant, quitte à paraître « sauvage », à excéder ses adversaires au point d’en venir, une fois, aux mains. »

C’est donc un roman d’apprentissage que nous offre Bernard Chambaz. Celui d’un pilote brésilien adulé par les hommes comme les femmes, un des plus grands pilotes de l’histoire de la Formule 1, élevé depuis sa mort au rang de demi-dieu. Pour ceux qui admirent « Magic Senna » et ceux qui désirent mieux le connaître.


Dieu ou le bac !

Ma part de gaulois

Magyd Cherfi, Actes Sud

Dans ce récit autobiographique, Magyd Cherfi raconte cette année 1981 qui fut l'une des plus chaudes de sa vie. Cette année-là, il est le premier jeune de la cité à conquérir le bac. Personne ne pouvait imaginer qu'un ressortissant algérien puisse réussir sa scolarité. Cela ne satisfera personne, sauf sa mère pour qui cette réussite donne un sens à ce qu'elle a sacrifié. C'était bien elle qui avait promis à son fils de ne plus croire en Dieu s'il menait à bien ses études. Le reste de la cité y voit comme un acte de traîtrise...

1981, c'est aussi le retour de la gauche au pouvoir, l'espoir d'une grande fraternité entre les hommes quelles que soient leurs origines. Curieusement, c'est dans les cités que l'arrivée de la gauche au pouvoir entraîne le plus de craintes. De la gauche, les immigrés algériens n'ont retenu que Mitterrand, le ministre qui a fait couper la tête de nombreux de leurs compatriotes.

Ma part de gaulois est aussi le récit d'un jeune homme tiraillé entre deux cultures, deux peuples, deux familles, deux territoires, de quelqu'un qui ne peut être ni tout à fait algérien, ni tout à fait français.

Nous avons beaucoup aimé ce texte qui, en passant, nous aide à comprendre pourquoi certains refusent  la connaissance et le savoir et tentent presque désespérement d'en empêcher l'accès aux autres. Rien que pour cela, ce récit aurait mérité tous les prix. Nous en recommandons chaudement la lecture à tous les enseignants...

Lu par Pierre


Quelle belle révélation que ce roman !

Fils du feu

Guy Boley, Grasset

Le père était maître d'une forge. Ses fils étaient destinés à battre le feu. Mais l'un des deux frères meurt précocement. Face à la peine, à chacun sa parade. Le père s'efface, la mère s'enferme dans le déni. Pour le frère restant, une question : comment grandir dans cette famille ? Devenu adulte et peintre, ce frère survivant retrouve la paix et nous fait revivre son  enfance.

"Je les aimais d'amour, les rires de Marguerite, bien qu'ils fissent naître en moi de grands charrois de frissons... Allez-y Marguerite, j'aime quand vous riez... Riez, riez Marguerite des Oiseaux ! Il faut bien que toutes les horreurs du monde enfantent des printemps si nous voulons durer au-delà du chagrin".


Dormir dans une valise tient la mort à distance...

J'ai longtemps eu peur de la nuit

Yasmine Ghata chez Robert Laffont

Lorsque Suzanne entre dans une classe pour une animation de lecture, elle demande à chaque élève d'apporter un objet qui lui est proche. Arsène apportera une vieille valise, celle qui l'a accompagné quand il a fui son village rwandais, pendant ses semaines d'errance, celle dans laquelle il se cachait lorsqu'il avait peur la nuit.

Yasmine Ghata livre un récit émouvant que le lecteur a bien du mal à quitter...

Lu par Solange


La solitude à l'épreuve des éléments

Le grand jeu

Céline Minard, Rivages

Installée dans un refuge high-tech accroché à une paroi rocheuse, une femme s'isole de ses semblables pour tenter de répondre à une question : comment vivre ?

Longues marches dans la montagne, jardinage, pêche, entraînement physique et spirituel vont de pair avec le journal de bord que cette héroïne des conquêtes intérieures écrit.

Ce roman qui  ne se donne pas facilement, qui ne se lit pas rapidement, sera un concentré de bonheur aboslu pour tout qui aime une  nature nourricière, mais parfois brutale et les questionnements sur soi-même qu'apporte la solitude.

"Est-ce que c'est le jeu que je cherchais ? Celui qui combine la menace sans domination et la promesse sans objet ? Le jeu sans aucune part obscure, le jeu limpide ? Le moyen de se décoller, de se surprendre soi-même et de s'accueillir ?

L'idiotie ?

Est-ce que c'est un bluff ? Un risque calculé ? Un risque reccueilli ? Est-ce que je saurai demain si l'éternité peut tenir dans une durée finie ? Est-ce que j'en ferai partie ? Est-ce que ça compte ?

Comment pourrait-il accueillir le monde celui qui ne mise pas sur lui-même ?

Lu par Anne et Pierre


Un univers loufoque et oriental... Rien que cela !

Les simples prétextes du bonheur

Nahal Tajadod, Lattès

Cécile est riche et très belle. Elle se prépare au mariage. Le mari est au niveau. Des titres de noblesse comme s'il en pleuvait, de l'argent, des jets privés, une mère à sa hauteur et une passion pour les chevaux, principales sources de ses conversations. C'est dire ! Cécile n'a qu'une angoisse : elle a peur de tout perdre. Ou mieux (ou pire), elle a peur de se perdre en marchant à côté d'elle-même. Aussi, quand elle pousse la porte d'une épicerie iranienne à Paris, c'est subitement un monde déluré, fantasque, éblouissant dans un univers loufoque qu'elle rencontre. Arash, Kamal et consorts, maîtres en plan B, n'auront rien à refuser à cette jeune femme qui, se faufilant entre deux mondes, part à sa propre reconquête.

C'est si bien que ce roman devrait être prescrit par les médecins et remboursé par la mutuelle !

Lu par Pierre.


Attention ! Cette saga est formidable... Un régal, même !

Un endroit d'où partir : 1. Un vélo et un puma

Aurelia Jane Lee chez Luce Wilquin

Abandonné bébé sur les marches d'un couvent, Juan héritera comme patronyme du nom du couvent et comme second et troisième prénoms ceux de Esperanza et de Mercedes, prénoms des soeurs qui l'ont reccueilli et qui, l'élèveront jusqu'à ses neuf ans. Neuf ans, c'est l'âge de Juan lorsqu'il saute sur son petit vélo pour une longue balade au terme de laquelle il s'égarera. Cette fois, il sera reccueilli dans une hacienda. Il y devient l'élève de Don Isaac, un homme érudit qui lui transmet sa passion pour la peinture. De Mercedes à Remedios, en passant par Clara Luz, le gamin devenu un beau jeune homme séduit les femmes qu'il finit par abandonner le coeur marqué par le remords...

La quête de Juan n'est pas terminée. Elle se poursuit dans un deuxième tome dans lequel il continuera à séduire les femmes, transformer leur vie, les initiant à la maternité, à la créativité artistique et à la liberté d'esprit.

Aurélia Jane Lee vous entraîne dans une saga formidable, chaque page appelant la lecture de l'autre. Nous avons bien l'intention de l'inviter en nos murs. Soyez attentifs...   


Dans un pays sauvage et magnifique...

Tropique de la violence

Natacha Appanah, Gallimard

A Mayotte, un pays magnifique, sauvage, au coeur de l'océan Indien, mais au bord du chaos, plusieurs jeunes destins vont se croiser pour révéler la violence de leur quotidien.

Moïse, rejeté par sa mère dès sa naissance est reccueilli par Marie, une infirmière. Marie élève le garçon avec l'amour d'une vraie mère, mais ne peut empêcher sa révolte lorsqu'il apprend la vérité sur ses origines. Allant de mauvaises rencontres en mauvaises idées, il vole, se drogue, se bat et finit par tuer.

Olivier voudrait faire face à toute cette violence. Les moyens lui manquent. Il reste impuissant. Notons encore la présence de Stéphane, bénévole en mission pour aider la jeunesse du ghetto de Mayotte en leur apportant culture, livres, musiques et cinéma.

Tropique de la violence est une plongée dans l'enfer d'une jeunesse livrée à elle-même. Incontestablement une des pépites de cette rentrée...


 

Un moment de sérénité...

 

Deux remords de Claude Monet

Michel Bernard, La table ronde

Michel Bernard  nous intéresse à la vie de Claude Monet par le biais de deux figures lumineuses qui ont pour nom Frédéric Bazille et Camille Doncieux.

Bazille est l'ami peintre des jeunes années. Issu d'une famille aisée, engagé volontaire dans la guerre franco-prussienne, il meurt dans les combats de Beaune-la-Rolande en 1870.

Camille, elle, après avoir été le modèle favori de Monet, devient sa maîtresse puis son épouse l'année même où Bazille disparaît. Elle lui donne deux fils, mais meurt d'un cancer en 1879.

Ce sont les tableaux de Monet qui font le lien entre ces deux personnages, tableaux qui racontent le bonheur fou de peindre d'un génie, la mélancolie du temps qui passe sans ses anges gardiens disparus et l'ascension du peintre vers la célébrité.

Lu par Solange


Le plus drôle et le plus décoiffant...

Séduire Isabelle A.

Sophie Bassignac, Lattès

Isabelle est très claire. Elle  n'épousera Pierre que s'il est accepté par tous les membres de sa famille. Pierre s'exécute bien volontiers. L'amour peut pousser aux pires désastres tant il est vrai que la famille d'Isabelle est décoiffante et que cette semaine surchauffée sur les bords de la Loire va tourner au cauchemar pour ce jeune homme un peu coincé.

Vraiment, cette clique d'allumés, libres penseurs joyeux, drôles et délurés, vous donnera un intense moment de joie tout en évoquant, avec finesse, l'art de vivre ensemble.

Lu par Pierre


C'est une révolte ? Non Sire, c'est la révolution...

14 Juillet

Eric Vuillard, Actes sud

C'est un récit. C'est un récit qui emprunte les ressorts de la littérature pour raconter la révolution et la prise de la Bastille. Là où l'historien nous dit le nombre de morts, Eric Vuillard leur donne un nom, un âge, un métier, une vie. Puisant ses sources dans les archives de la police, mieux vaut dire la prévôté, l'auteur nous offre un texte fascinant, un texte qui donne à entendre le bruit de la mitraille, un texte odorant, un texte qui dit si bien que, derrière les faits, il y avait des hommes.

Ne boudez surtout pas ce bonheur d'écriture !

Lu par Solange et Pierre


Un roman historique... envoûtant !

Possédées

Frédéric Gros, Albin Michel

Nous sommes en 1632. La petite ville de Loudun voit s'affronter les partisans de la démolition des remparts et du donjon et ceux qui s'y opposent. Le curé de la ville, Urbain Grandier, est de ces derniers. Au même moment, mère Anne des Anges, supérieure du couvent des Ursulines de la même ville, est saisie d'hallucinations. Six autres soeurs sont frappées du même "mal". Le curé Baré est requis. Fanatique jusqu'au bout des ongles, il pratique son exorcisme sur les soeurs et les déclare possédées. Et les démons logeant dans leur corps désignent bientôt le nom de leur maître : Urbain Grandier...

Calculs politiques, religieux et judiciaires font de ce récit d'une possession collective un texte qui, à la réflexion, établit un lien entre les fanatismes d'aujourd'hui  et ceux d'hier.

Absolument remarquable, ce livre ne se lache pas...

Lu par Pierre


Un portrait de femme sublime...

Avec la mort en tenue de bataille

José Alvarez, Albin Michel

Ines est espagnole, une femme espagnole comme l'Espagne pouvait en produire. Eduquée dans la foi chrétienne, mère de cinq enfants, elle s'occupe à la perfection de sa maison, tâche d'autant plus difficile que son mari, un marin, est absent six mois par an. Et puis viennent les années 36-37, la guerre civile espagnole et, ce repas pris en commun avec sa soeur Conception et le curé. Au cours de  ce dîner, les deux soeurs parlent naïvement de leur frère engagé politiquement auprès des brigades révolutionnaires. Le lendemain le frère est arrêté et les deux soeurs conduites dans les geôles franquistes. Prise de conscience politique, refus de l'injustice, amour...? Inès se lance alors dans le maelström de cette lutte fratricide dont elle découvre les ambiguïtés.

Avec la mort en tenue de bataille est une évocation historique de cette tragédie que fut la guerre civile en Espagne, mais aussi et surtout un sublime portrait d'une femme, mère combattante que le feu, les trahisons, la mort, révèlent à elle-même.


Passionnément amoureux...

Danse d'atomes d'or

Olivier Liron chez Alma

Tout commence par un coup de foudre. O. a rencontré Loren. Elle est acrobate, elle est libre, elle est fougueuse, elle est belle. Ils s'éprennent, ils s'aiment, ils s'étreignent. Et puis tout finit, comme cela a commencé, brutalement... Loren disparaît, sans un mot. O. la recherche, inconsolable, têtu, en recherche d'une explication. Pourquoi ?...

"C'est une histoire romantique parce que tout y est sincère et romanesque, parce que tout y est vrai. Un jour, j'ai rencontré une femme dont je suis tombé passionnément amoureux. Je n'ai pas compris ce qui s'est passé ensuite. Voici l'histoire de cet amour".

"La vie est une chose magnifique, mais il ne faut jamais la croire quand elle veut vous faire désespérer. On peut dire la même chose de la littérature".

Lu par Solange


Et si Van Gogh ne s'était pas suicidé ?

La valse des arbres et du ciel

Jean-Michel Guenassia, Albin Michel

«  Je tiens à être honnête avec ceux qui me liront, mais surtout avec moi-même. Ces souvenirs heureux sont tout ce qui me reste et je ne veux pas qu’ils soient gâchés. Un jour, ce journal sera découvert, et cette histoire sera révélée. Pour qu’elle reste secrète […] il aurait fallu que je brûle ce carnet, mais je ne peux m’y résoudre, car il constitue l’unique lien qui me relie à lui et, dans ces pages, je peux relire notre histoire et retrouver ma jeunesse. »

Dans ce roman, Jean-Michel Guenassia évoque les deux derniers mois de la vie de Van Gogh et sa rencontre avec Mademoiselle Gachet. Narratrice de cette histoire, Marguerite Gachet nous raconte sa passion et son amour pour le peintre, jusqu'au fameux jour du 29 juillet 1890.

Et si Van Gogh ne s'était pas suicidé?

Un roman passionnant à lire avec un petit recueil des peintures de Van Gogh à vos côtés!

Lu par Isabelle


Attention, pépite !!!

Un paquebot dans les arbres

Valentine Goby, Actes Sud

Nous l'avions presque oublié, mais, au milieu des années cinquante, la tuberculose faisait des ravages. Mathilde n'a qu'une douzaine d'années lorsque son père est envoyé au sanatorium d'Aincourt. Sa maman l'y rejoint assez vite. Un paquebot dans les arbres est l'histoire de ce couple aimant, cafetiers de La Roche-Guyon dans les boucles de la Seine, que Valentine Goby nous raconte par la voix de Mathilde. Bonheur, ruine, maladie, dépossession, famille qui vole en éclat, mais aussi force, courage, ténacité, volonté nous sont contés avec un tel talent que ces 266 pages de bonheur littéraire absolu nous offrent  une parenthèse de beauté.

Par sa thématique multiple, par sa grâce, Un paquebot dans les arbres est un roman qui enrichit, qui emplit son lecteur en même temps qu'il est une piqûre de rappel salutaire pour dire la vie sans la sécurité sociale.

Ce roman de Valentine Goby est solaire. La mémoire peut faillir, mais il est un des plus beaux que nous ayons lu en trente ans de métier... Il paraîtra fin du mois d'août, ne boudez pas sa sortie.

Lu par Béatrice, Solange, Pierre


Toutes les familles sont extraordinaires !

Ce qu'elle ne m'a pas dit

Isabelle Bary chez Luce Wilquin

Marie, 47 ans, vit avec Alex, son mari et leur fille Nola, un tantinet impertinente. Beaucoup d'amour, quelques conflits, une vie sociale... Bref, rien d'extraordinaire ! Mais quelques questions quand même...

Par exemple : quel est le lien entre Marie et un trappeur amérindien né dans les années 20 ?

Ou encore : Pourquoi une plume autour d'un cou et trois plumes dans une boîte aux lettres ? Et si ces plumes étaient maléfiques ?

Construit comme une enquête policière, Ce qu'elle ne m'a pas dit dévoile les secrets bien gardés d'un passé familial. Et parce que toutes les familles partagent ces petites menées secrètes, parce que toutes les familles sont extraordinaires, Isabelle Bary célèbre dans ce roman l'amour, l'humour et la joie de vivre comme alternatives au silence.

Lu par Béatrice


Plus qu'une très bonne comédie...

Un enfant plein d'angoisse et très sage

Stéphane Hoffmann, Albin Michel

Un portrait de famille, un portrait d'une famille pas comme les autres... Quoique ! On pourrait y reconnaître pas mal de nos foyers contemporains pour lesquels l'enfant est un appartement témoin qu'on aime montrer pour dire que tout va bien, mais qui, au fond, n'a pas plus d'importance qu'un meuble. Un enfant plein d'angoisse et très sage est un roman caustique avec un zeste d'irrévérence salutaire à l'égard de notre personnel politique.

Jouissif, donc !

Lu par Pierre


 


Une des merveilles de la rentrée !

Au commencement du septième jour

Luc Lang, Stock

Première partie

Thomas, père de deux jeunes enfants,  apprend l'accident de sa femme. Camille lutte contre la mort et ne sort du coma qu'après vingt-huit jours. Jamais, Camille n'aurait dû se trouver sur cette route à cette heure-là. Et comment a-t-elle pu  sortir de la route dans cette ligne droite dépourvue de tout danger ?

Deuxième partie.

Thomas a un frère, Jean. Il vit dans les Pyrénées. Titulaire d'un diplôme d'ingénieur, il a choisi la vie de berger. Thomas s'y rend pour se ressourcer, pour en savoir plus sur la mort accidentelle de son père.

Troisième partie.

Thomas a une soeur, Pauline. Elle travaille pour une ONG en Afrique  noire. Thomas part pour la voir, elle qui n'est plus revenue en France depuis plus de dix ans et qui ne tient pas à y revenir du tout. Pourquoi ? C'est ce que Thomas va enfin découvir. Ce qui lui a été caché depuis son enfance, ses frères et soeurs aînés l'en ayant protégé.

Dans tous les rôles qu'il épouse, mari, père, frère, Thomas doit combattre.

Ce roman est une petite merveille.

Lu par Pierre


 


Nous espérons que ce livre vous trouvera comme il nous a trouvé.

A la fin le silence

Laurence Tardieu, Seuil

Laurence Tardieu propose un récit qui fait écho au choc que chacun a ressenti lors des attaques terroristes de janvier 2015.

Sachant qu'elle va devoir vendre la maison de son enfance, la narratrice écrit un livre qui compenserait avec des mots la perte de ce lieu de mémoire familiale. Elle tente de donner à  cet endroit qui disparaîtra bientôt de sa vie une part d'éternité. Les attentats surgissent au milieu de ce temps d'écriture. Une barbarie qui laisse sans mot, une autre dépossession de soi pour l'auteure pour qui l'urgence se déplace. Que faire d'autre que d'écrire pour faire face à l'innommable ?

Le récit de Laurence Tardieu est un va-et-vient entre la dépossession de son monde intime, la maison de sa grand-mère et la fissuration du monde tel qu'elle le connaissait, un va-et-vient entre monde intérieur et monde extérieur, entre le dedans et le dehors. Et, tout au long de ces mois d'écriture, l'auteure a porté un enfant et l'a mis au monde, son corps devenant lui-même une maison qu'un enfant s'apprête à quitter.

Nous avons déjà reçu deux fois Laurence Tardieu pour ses romans Puisque rien ne dure et Une vie à soi. Nous espérons que ce roman vous trouvera et vous touchera comme nous l'a souhaité Laurence Tardieu dans l'exemplaire dédicacé qu'elle nous a envoyé.

Lu par Pierre



Quelques romans de 2015 non encore parus en poches...                                                 

L'envers du feu

Anne Dufourmantelle, Albin Michel

Lors d'une soirée mondaine à Brooklyn, Alexei aperçoit une jeune femme. Il n'ose l'approcher et, d'ailleurs, elle disparaît rapidement de son champ de vision. Alors qu'il cherche la maîtresse de maison, des cris retentissent. La jeune inconnue s'est défenestrée. Par l'intermédiaire de la fille de l'organisatrice de la soirée, elle lui a laissé un message contenant un seul mot. Suicide, accident ou crime ? Alexei part à la recherche du passé de cette jeune inconnue en tentant de survivre aux malaises, cauchemars et crises d'amnésie que lui laisse le souvenir de la jeune femme. De passage à Paris, il consulte une psychanlyste. Il ne la choisit pas par hasard. C'est sur son divan que tout commence, que tout s'explique, que tout finit.

Un thriller psychanalytique qui nous a laissés pantois. Une seule envie : que ce roman ne finisse pas.

Lu par Solange et par Pierre


 

 


 


 

Création SIP